Soudan du Sud : Famine

Découvrez une vidéo de François lors de son passage au Luxembourg au mois de mai

 

La famine au Soudan du Sud est le fruit de facteurs climatiques – dont notamment la sécheresse et le manque de semences - mais aussi et surtout de la guerre qui s’est étendue à tout le pays l’année dernière. Cette guerre a fait de nombreux morts et a provoqué d’importants déplacements de population : environ 1,9 million de personnes sont déplacées à l’intérieur même du pays et 1,8 million sont réfugiées dans les pays voisins. Des fermes agricoles et des villages entiers ont été

pillés par les groupes armés. La majorité des activités liées à l’agriculture a cessé et le pays fait face à une pénurie de produits agricoles de première nécessité, comme le maïs, les haricots ou le millet. La guerre s’est également accompagnée d’une recrudescence de l’insécurité sur les routes, rendant difficile l’accès et donc l’approvisionnement
des zones les plus touchées par la famine. Les prix des rares produits disponibles sont devenus trop élevés. La population s’est appauvrie et ne peut accéder aux produits encore disponibles sur le marché.

C’est dans ce contexte difficile que François Nzabahimana, collaborateur de Caritas Luxembourg, travaille au quotidien. Depuis mai 2016, il est présent au Soudan du Sud pour coordonner l’ensemble des actions de Caritas Luxembourg et plus particulièrement la distribution de l’aide alimentaire. « Les personnes les plus touchées par la famine sont aussi les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. L’impact du manque de nourriture est beaucoup plus important pour eux. Dans certaines zones, la malnutrition générale touche 30% des enfants », explique François.

Caritas Luxembourg lutte contre la faim au Soudan du Sud depuis de nombreuses

années, avec comme priorité la réhabilitation de centres de nutrition. « Dans les villages et les centres de santé, nous distribuons des vivres comme du maïs, du sucre ou des haricots, des biscuits vitaminés et de la vitamine A. Les enfants les plus malnutris sont transférés vers des centres de santé spécialisés où ils peuvent être hospitalisés et recevoir les soins thérapeutiques adéquats », détaille François.

Mais pour vaincre la malnutrition des femmes et des enfants, il est également important d’assurer un suivi sur le long-terme. Des visites régulières dans les familles - au cours desquelles sont effectuées la pesée des enfants et la détection de symptômes d’autres maladies liées à la malnutrition - ont ainsi lieu. Les mères reçoivent aussi des conseils pour la préparation et l’hygiène des aliments utilisés pour les enfants.

« C’est une des missions les plus pénibles que j’ai vécues. Vivre une situation de famine généralisée est extrêmement dur. Dernièrement, j’ai supervisé le départ d’un chargement de céréales. C’est un réel soulagement car, actuellement, il est presque impossible de s’en procurer. Ces céréales vont nous permettre de faire du porridge pour les enfants malnutris de la région », explique encore François.

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