Dans quel état arrivent les rescapés d'Alep? Témoignages

Jeudi 22 décembre 2016

Dans quel état arrivent les rescapés d'Alep? Témoignages

Quatre collaborateurs de Caritas Luxembourg à la frontière turque témoignent de l'état dans lequel se trouvent les rescapés.

Hend Jbara (coopérant de Caritas Luxembourg):"

Les conditions psychologiques de la plupart des familles sont tout sauf bonnes. Elles ont très peur et n’ont confiance en personne, même pas à ceux qui viennent leur donner de l’aide. Elles refusent de nous donner leurs documents d’identité. Quant aux besoins, ils sont importants : des réchauds car les centres de transit sont très grands et mal chauffés, des médicaments pour les nombreuses personnes blessées, des vêtements chauds car la plupart des familles sont arrivées avec peu de biens, du lait pour les nourrissons, l’accès Internet pour pouvoir contacter les membres de leur famille dispersés. Par ailleurs, il y a de nombreux orphelins. Nous nous occupons ici de sept enfants qui ont des besoins spécifiques."

Maher Younes (de l’équipe de monitoring et d’évaluation psychosociale de Caritas Luxembourg):"

Toutes les familles ont besoin de support psychologique. Elles ont très peur. Nous leur posons des questions, mais elles refusent de nous répondre. Les familles sont toutes en attente de voir arriver d’autres membres de leur famille qui sont encore à Alep, surtout les femmes. La plupart des hommes demandent de l’aide financière pour pouvoir aller rechercher les autres membres de leur famille dans les autres centres de transit. 90% d’entre eux n’ont plus de ressources financières à cause des quatre mois de siège. Un grand nombre de blessés auront besoin de prothèses."

Ahmad Katasheh (de l’équipe cuisine):

"La plupart des personnes sont arrivées sans argent car beaucoup de bus ont été stoppés par des milices qui leur ont tout pris. Les enfants sont contents de pouvoir manger un repas chaud et l’attendent avec impatience tous les jours. Les adultes, cependant, sont encore très hésitants à faire la queue. Du coup, nous allons à leur rencontre pour leur servir les repas chauds."

Ali Skeef (de l’équipe qui s’occupe des abris): "

La plupart des gens veulent qu’on les écoute. Ils ont pleins d’histoires et les racontent les larmes aux yeux."

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